Nos boursiers 2018

Pr Daniel Léonard

Unité de chirurgie colorectale

« Vers un nouveau mode d’administration de la chimiothérapie pour le traitement du cancer colorectal avancé »

Le cancer colorectal reste actuellement un problème de santé publique et un défi en termes de traitement, surtout en cas de maladie avancée. Comme pour tous les cancers, les cellules tumorales ont la capacité de quitter la tumeur primitive et d’essaimer dans d’autres régions de l’organisme : on parle alors de métastases. La carcinose péritonéale est une forme particulière de métastase correspondant à des dépôts de cellules cancéreuses sur la surface de différents organes intra-abdominaux. La présence d’une carcinose péritonéale témoigne d’un stade avancé de la maladie cancéreuse et, dans le passé, était considérée comme un stade terminal de la maladie. Ce n’est plus le cas actuellement puisque la carcinose péritonéale d’origine colorectale fait l’objet d’un traitement spécifique qui consiste en une excision par chirurgie associée à une injection, dans le ventre, d’un bain de chimiothérapie qui va agir par contact direct. Ce traitement est aujourd’hui connu sous le nom de chimio-hyperthermie intra-péritonéale ou « CHIP ».

Malheureusement, pour certains patients, la CHIP n’est pas réalisable car les lésions présentes dans l’abdomen ne peuvent être enlevées pour des raisons techniques ou anatomiques. Dans ce cas, un nouveau traitement, connu sous l’acronyme anglais de PIPAC ou « Pressurized Intra-Abdominal Aerosolized Chemotherapy », a été développé. Il s’agit d’un traitement par chimiothérapie intra-abdominale administrée sous forme d’un aérosol sous pression. Cette « intervention chirurgicale » est peu invasive et peut être répétée plusieurs fois, seule ou en alternance avec une chimiothérapie intra-veineuse pour en accroître l’efficacité. Concrètement, l’abdomen est abordé par de petits orifices qui permettent le passage d’une caméra et d’un injecteur spécifique. Le chirurgien évalue l’extension de la maladie, puis le traitement consiste à injecter, sous pression, la chimiothérapie nébulisée en gouttelettes microscopiques qui vont alors avoir une action par contact direct avec les cellules cancéreuses. L’avantage majeur de cette technique est d’une part qu’elle ne nécessite aucun geste chirurgical lourd et d’autre part que l’hyperpression et l’aérosolisation de la chimiothérapie rend sa distribution dans le ventre très homogène et efficace. 

Cette technique a montré des résultats prometteurs et la bourse de la Fondation Saint-Luc permettra à notre équipe chirurgicale et paramédicale de se former dans des centres d’expertise à Lausanne et à Paris. La PIPAC pourra ainsi être implémentée aux Cliniques universitaires Saint-Luc pour une meilleure prise en charge de ces patients présentant un cancer colorectal avancé.

Le projet du Pr Daniel Léonard :

Vers un nouveau mode d’administration de la chimiothérapie pour le traitement du cancer colorectal avancé