L'accumulation de graisse dans notre foie (stéatose) peut être très
dommageable pour cet organe et mettre notre santé, voire notre vie,
en péril.
Chez certaines personnes, à partir d'un certain niveau, cette graisse devient un véritable poison et s'accompagne de processus inflammatoires très destructeurs. Ces phénomènes peuvent entraîner l'apparition d'une fibrose au sein du foie aboutissant, dans le pire des cas, à cette maladie grave du foie appelée cirrhose. Mais pourquoi se préoccuper de cette affection? Parce qu'elle est de plus en plus fréquente, très mal connue et donc très mal soignée.
Tous les épidémiologistes s'accordent pour constater une véritable explosion du syndrome métabolique qui est un ensemble de signes dont le point commun est une alimentation trop riche (surtout en sucres à absorption rapide) associée à l'obésité. Certes, tous ceux qui présentent ce syndrome n'évoluent pas nécessairement vers la fibrose hépatique. C'est le cas d'environ 20% des patients et, jusqu'ici, nul ne sait pourquoi ceux-ci et pas les autres. Des cas familiaux existent. On peut donc supposer que certains gènes pourraient conduire à cette évolution, mais la recherche dans cette voie n'est pas encore très concluante.
La principale pierre d'achoppement est la difficulté de recruter des patients pour participer à des recherches car, jusqu'à présent, le seul moyen de poser un diagnostic précis est de réaliser une biopsie du foie. Une biopsie ou... plusieurs. Par exemple, avant et après une intervention, un régime alimentaire, un traitement potentiel, etc.
Actuellement, les chercheurs profitent du fait que les patients dont la stéatose et la fibrose sont liées à une maladie virale (hépatite C) doivent subir un tel prélèvement pour établir leur traitement. Les résultats de la biopsie peuvent ainsi être comparés à ceux obtenus par des méthodes non invasives. Il est donc impérieux de pouvoir disposer d'un outil au moins aussi fiable (même si la biopsie est loin d'être parfaite à cet égard!) et quelques équipes dans le monde y travaillent très activement. L'UCL est de celles-là, sous la supervision d'Yves Horsmans.
Outre de nombreux tests sur animaux, les chercheurs s'efforcent de valider divers outils non invasifs. Plusieurs examens sanguins pourraient s'avérer utiles. Une échographie assez particulière (Fibroscan) apporte des éléments sur l'élasticité du tissu hépatique. Très prometteuse aussi l'utilisation de l'imagerie par résonance magnétique nucléaire (RMN) que testent actuellement trois équipes dans le monde, dont celle des Cliniques Saint-Luc. Une première comparaison a été effectuée entre le résultat de biopsies et d'une imagerie par RMN effectuée juste après. Globalement, pour l'ensemble de la population, la corrélation est bonne entre les deux types de diagnostic. Elle reste peu satisfaisante pour les cas individuels.
Une fois ce préalable atteint d'un bon diagnostic très précoce de la fibrose, les nombreuses hypothèses concernant les mécanismes qui président à l'installation des formes les plus graves de la maladie pourront être vérifiées et des stratégies thérapeutiques pourront être élaborées.