Le cerveau est un organe infiniment complexe et fragile; y
intervenir, ainsi que sur son prolongement naturel, la moelle
épinière, est extrêmement difficile. Bien sûr, les chirurgiens disposent
désormais de nombreux appareillages comme la neuronavigation qui
guide leurs gestes dans un organe où la précision est essentielle. Mais la
technique n'a pas tout résolu. Notamment parce qu'elle a créé de nouveaux
besoins. Très légitimement, le patient est de plus en plus exigeant et accepte
de plus en plus difficilement des séquelles qui, pourtant, sont parfois
inévitables.
De nouvelles perspectives se dessinent aussi pour les praticiens: des maladies
qui n'étaient pas opérables le deviennent. Certaines formes sévères d'épilepsie
peuvent par exemple être atténuées par la chirurgie. Encore faut-il que le
geste chirurgical soit parfaitement posé, ce qui impose régulièrement la
présence en salle d'opération d'une personne capable de réaliser des tests
d'électrophysiologie pendant l'intervention et de les interpréter. Un poste qui
reste à créer et... à financer.
Autre poste difficile à financer et pourtant essentiel au progrès scientifique:
celui de "data manager" capable de collecter et de gérer des informations
précises et fiables relatives aux diverses options de traitement des
malformations vasculaires cérébrales. Vaut-il mieux emboliser le vaisseau? Ou
poser un "clip"? Seule une comparaison scientifique rigoureuse des deux
techniques peut apporter une réponse indiscutable.
Le Service de neurochirurgie des Cliniques universitaires Saint-Luc vient de se doter, notamment grâce au soutien de la Fondation Saint-Luc, d'un appareil de résonance magnétique nucléaire extrêmement puissant. Installé dans la salle d'opération, il permet de donner au cours de l'intervention un état des lieux d'une précision inégalée. Le neurochirurgien peut ainsi vérifier qu'il a bien enlevé tout le tissu malade, en cas de cancer notamment. Mais le principal atout de ce système est de reprogrammer automatiquement la neuronavigation, afin qu'elle tienne compte des mouvements intervenus à l'intérieur même de la boîte crânienne (notamment suite à l'ablation de la masse tumorale).
Cette merveilleuse technologie ne fonctionne pas toute seule et nécessite toujours plus de savoir-faire et de réaction rapide face à des situations imprévues. Imprévues mais pas imprévisibles. Pour parfaire la formation des jeunes chirurgiens et maintenir en permanence au meilleur niveau les praticiens déjà chevronnés, le Service de neurochirurgie souhaite disposer d'un laboratoire de planning chirurgical 3D qui permettrait de réaliser des opérations virtuelles avant de les pratiquer en vrai. Le neurochirurgien pourrait ainsi répéter les gestes qui sauveront. A l'image de ce que font régulièrement tous les pilotes d'avion sur des simulateurs.