Le fœtus est un être vivant à soigner comme tout autre patient.
Pourtant, la médecine fœtale est rarement mise sous les feux de
l'actualité. Depuis 2005, l'asbl Fetus for Life* apporte à cette discipline
médicale un peu de la notoriété qu'elle mérite. Elle contribue par ailleurs
à réaliser de meilleurs diagnostics via l'achat d'un appareil d'échographie à
quatre dimensions (la quatrième étant la dynamique, en d'autres termes on
peut voir bouger le fœtus en temps réel et en trois dimensions) et à mettre au
point les traitements en matière, par exemple, de chirurgie in utero. L'Unité de
médecine fœtale de Corinne Hubinont est d'ailleurs devenue pionnière dans de
nombreux domaines.
Opérer le cœur du fœtus
Le Service d'obstétrique des Cliniques Saint-Luc fourmille de projets pour
améliorer encore les soins en périnatologie, dans le domaine de la chirurgie
cardiaque notamment.
S'il est parfois possible de traiter les malformations cardiaques après la
naissance, certaines d'entre elles sont si graves qu'elles compromettent la
survie du fœtus. D'où l'intérêt d'une prise en charge anténatale.
Malgré des difficultés techniques évidentes, la chirurgie du fœtus présente de
nombreux avantages: il ne faut pas installer de circulation extra-corporelle (le
placenta s'en charge...) et le risque de séquelles fonctionnelles du fœtus est
moindre.
Pour toutes ces raisons, une équipe d'obstétriciens et de cardiopédiatres s'est
constituée pour mettre au point le traitement anténatal de certaines sténoses
des valves aortique et pulmonaire. La technique, mise au point sur le lapin
(dont le cœur adulte a une taille proche de celui du fœtus) puis sur le mouton,
est désormais disponible pour les humains mais doit encore être perfectionnée.
L'équipe la plus spécialisée au monde, celle de Boston, ne propose aujourd'hui
que 12% de survie...
Toujours dans le domaine de la cardiologie prénatale, l'augmentation du nombre de naissances gémellaires pousse les médecins à s'intéresser à l'une des complications de cette grossesse: le syndrome du transfuseur/ transfusé. Une anomalie des réseaux vasculaires provoque une distribution sanguine asymétrique entre les deux fœtus. L'équipe de Saint-Luc a acquis une grande expérience dans la prise en charge de cette affection très grave et continue à mettre au point les meilleurs traitements (souvent chirurgicaux) pour chaque cas.
Les chercheurs de Saint-Luc se sont également penchés sur deux infections
dangereuses lorsqu'elles sont contractées pendant la grossesse.
La première est due au cytomégalovirus et peut causer, dans certains cas, des
problèmes neurologiques chez l'enfant. Il est encore difficile de déterminer la
gravité de l'infection et d'évaluer les risques de séquelles pour l'enfant à
naître. Pour y parvenir, il faut suivre un grand nombre de femmes enceintes
ayant contracté le cytomégalovirus et comparer les observations réalisées sur
le fœtus à celles effectuées sur l'enfant pendant les premières années de sa vie.
La seconde concerne l'infection due à l'ureaplasma. Les médecins soupçonnent
un lien entre cette infection et la prématurité. Si cette hypothèse se vérifie, un
dépistage et un traitement (par antibiotique) pourraient être rapidement mis
en place. Une étude sur le sujet est actuellement menée en collaboration avec
la VUB.