Prise en charge du patient gériatrique

La Gériatrie, une jeune spécialité

Pr Pascale Cornette

Il y a dix ans, Saint-Luc inaugurait son Service de gériatrie. Ce dernier a trouvé son rythme de croisière sur le plan clinique, ses équipes se lancent à présent dans le développement de programmes de recherche. 

Prise en charge du patient gériatrique
Le temps et la dimension relationnelle prennent une place importante dans les soins gériatriques.

Si la gériatrie n’est pas différente des autres spécialités – le patient est toujours au centre des préoccupations – l’âge avancé des personnes induit des questions différentes, parfois difficiles à gérer : maladies graves, perte d’autonomie, fin de vie. Le temps et la dimension relationnelle prennent d’ailleurs une place importante dans les soins gériatriques. 

La gériatrie : c’est pour qui ?

La gériatrie concerne généralement les patients âgés de septante-cinq ans et plus, mais il ne s’agit pas du seul critère. En effet, la plupart des patients âgés souffrant d’un problème aigu bien défini seront traités dans un autre service, celui de la spécialité la mieux à même de traiter ce problème. La gériatrie s’adresse surtout à des patients âgés fragilisés qui risqueraient, après un problème aigu et s’ils ne sont pas pris en charge globalement et intensivement, de décliner sur le plan fonctionnel. Il s’agit de patients compliqués, instables, à risque de chute, de delirium, de dénutrition et qui demandent de nombreux réglages. 

Surmonter le syndrome gériatrique

En gériatrie, poser un diagnostic peut s’avérer particulièrement difficile, notamment à cause de ce qu’on appelle « le syndrome gériatrique ». Quand une personne âgée est hospitalisée en gériatrie, c’est souvent parce qu’elle a fait une chute, qu’elle souffre de delirium, etc. Signes de la fragilité du patient, ces syndromes gériatriques expriment une pathologie aiguë sous-jacente. Il faut donc déceler la (ou les) pathologie(s) qui se cache(nt) derrière ces syndromes. La tâche est souvent rendue difficile à cause de l’instabilité de ces patients ; en très peu de temps, leur état peut s’améliorer ou se détériorer. 
L’équipe interdisciplinaire qui travaille auprès du patient âgé permet cet exercice ardu, minimiser les risques de déclin dans les capacités, améliorer les possibilités diagnostiques, de traitement et de réadaptation. Les pathologies dont souffrent les personnes âgées sont nombreuses, ce qui induit souvent une polymédication. Cette dernière représente également un défi. 

Les perspectives de la gériatrie

« La gériatrie s’impose pour les années à venir, indique le Pr Cornette, chef du Service de gériatrie. Si aujourd’hui la gériatrie accueille des patients déjà en grand déclin, l’objectif principal est la prévention du déclin fonctionnel, il faut intervenir plus tôt, chez les personnes à risque. C’est un vrai challenge qu’elle peut relever en collaborant avec les médecins généralistes et les autres spécialités. Toutes les disciplines à l’hôpital soignent des personnes de plus en plus âgées. De nouveaux modèles de collaborations doivent voir le jour pour apporter à ces patients complexes les soins les plus adaptés. C’est par exemple le cas de l’oncologie-gériatrie, sujet actuellement d’un projet de recherche ». 

En dix ans, le Service de gériatrie a trouvé sa place au sein de l’hôpital ; l’expertise de ses équipes est reconnue dans et en dehors de l’institution. Ces dernières assurent en effet la continuité des soins au sein des Cliniques Saint-Luc, mais aussi dans les institutions partenaires spécialisées dans la réadaptation gériatrique. « Le développement de nos activités cliniques a atteint un bon équilibre. Nous sommes prêts à intensifier nos projets de recherche, se réjouit le Pr Cornette.  Les domaines de recherche concernent l’onco-gériatrie, le patient âgé admis aux Urgences, les médicaments, la psycho-éducation, la réadaptation gériatrique… »

Le saviez-vous ?

La gériatrie à Saint-Luc est organisée en cinq  axes définis selon le « programme de soins » de l’Arrêté royal du 29 janvier 2007):
- deux Unités d’hospitalisation de 28 lits chacune
- une équipe de Gériatrie de liaison interne
- une consultation
- un hôpital de jour: la Gériatrie de jour
- une fonction de liaison externe

Les proches sont les alliés du soignant

Prise en charge du patient gériatrique
Leg. : En gériatrie, il est indispensable d’intégrer les proches dans la prise en charge du patient. 

La maladie d’Alzheimer et les pathologies apparentées mettent à rude épreuve les conjoints, enfants et autres aidants proches des malades. « En Gériatrie de jour, nous rencontrons quotidiennement ces familles, en quête d’informations et de conseils pour mieux appréhender leur proche et ses difficultés, explique le Dr Isabelle Gilard, responsable de la Gériatrie de jour. C’est ce qui nous a amenés à leur proposer un programme de psychoéducation. (Lire à ce sujet Les Echos de la Fondation n°19) 
Ce programme consiste à offrir de l’information aux aidants, à aborder avec eux l’évolution de la maladie de leur proche, et à réfléchir à des situations concrètes de leur vie quotidienne, vécues comme difficiles. Il s’articule autour de séances de groupe, de séances individuelles et d’évaluations avant et après. Ce sont des moments d’échange guidés par un regard professionnel, mais aussi l’occasion de trouver du soutien dans l’expérience des autres participants. » 

Le programme de psychoéducation a vu le jour grâce au soutien de la Fondation Roi Baudouin, et en particulier du Fonds Mécénat ING pour les pathologies incurables, pour une durée d’un an (d’octobre 2012 à octobre 2013). 
« Nous avons accompagné une dizaine d’aidants proches. Le succès rencontré avec ce premier groupe nous a conduits à réfléchir à pérenniser cette initiative afin de toucher un plus grand nombre d’aidants proches, annonce Isabelle Gilard. Dans sa nouvelle version, notre projet comprendra également une visite au domicile des patients, pour coller au plus près de leur réalité, et s’axer encore davantage sur leur vie quotidienne. Son élaboration est en cours et il sera soumis prochainement à la Fondation Saint-Luc. » 

« La pérennisation et l’extension de ce programme nécessite l’augmentation du temps travail de notre neuropsychologue et de notre ergothérapeute, précise le Pr Cornette. Pour cela, nous avons besoin de 30 à 40.000 euros par an. »

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Si vous souhaitez soutenir la gériatrie à Saint-Luc, n’hésitez pas à verser le montant de votre choix sur le compte suivant :
CBC 191-0367771-10 / IBAN : BE41 1910 3677 7110 / BIC : CREGBEBB, avec la communication « gériatrie ».

LES DONS DE 40 € ET PLUS SONT DÉDUCTIBLES FISCALEMENT.

Plus d’informations

Pr Pascale Cornette

Pr Pascale Cornette, chef du Service de gériatrie
tél. : 02 764 10 53
@ : pascale.cornette@uclouvain.be 

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