Pr Peter Starkel
Des travaux de recherche pour mieux comprendre comment l’alcool fragilise l’intestin et favorise les maladies du foie.
Le trouble de l’usage de l’alcool (TUA) est un problème de santé très répandu. En Europe, environ 1 personne sur 10 est concernée, et une partie développe une dépendance sévère.
Les conséquences de l’alcool coûtent chaque année très cher à la société, notamment à cause de maladies graves comme certains cancers et les maladies du foie. Pourtant, malgré l’ampleur du problème, il existe encore peu de traitements vraiment efficaces. Cela s’explique en partie par le fait que l’on comprend mal comment l’alcool abîme l’organisme.
Saint-Luc, pionnier d’une approche globale du trouble de l’usage de l’alcool
Au début des années 2000, les Cliniques universitaires Saint-Luc ont été le premier hôpital général en Belgique à considérer le trouble de l'usage de l'alcool comme une maladie complexe nécessitant une prise en charge globale. Elles ont créé une unité multidisciplinaire née d'une collaboration inédite entre les Services d'hépato-gastroentérologie et de psychiatrie, réunissant médecins, soignants et chercheurs autour d'un même objectif : mieux comprendre la maladie pour mieux la soigner.
Depuis sa mise en place, cette approche novatrice associe excellence clinique et recherche clinique et translationnelle. Elle a permis de constituer une cohorte de patients ainsi qu’une banque d’échantillons biologiques et de données uniques qui suscitent l’intérêt des chercheurs du monde entier et ont donné naissance à de nombreuses collaborations scientifiques.
Cette dynamique a été renforcée par une collaboration étroite entre les équipes de Saint-Luc et plusieurs laboratoires de recherche de l'UCLouvain, notamment en gastro-entérologie, neurosciences et pharmacologie. Cette synergie favorise le développement de projets qui explorent les différentes dimensions du trouble de l'usage de l'alcool afin d'en améliorer la compréhension et la prise en charge.
Les travaux menés jusqu'à présent ont contribué à mieux comprendre l'impact d'un abus d'alcool sur le microbiote intestinal, souvent qualifié de « deuxième cerveau », ainsi que sur l'altération de la barrière intestinale. Ils ont ainsi mis en évidence le rôle de ces deux phénomènes dans le développement des maladies du foie, la perte de contrôle de la consommation d'alcool et la dépendance.
Un nouveau projet de recherche pour comprendre comment l'alcool fragilise l'axe intestin-foie
Dans la continuité de ces recherches, l'équipe du Professeur Peter Starkel, Chef de Clinique au sein du Service d'hépato-gastroentérologie, lance aujourd'hui un nouveau projet de recherche. Son objectif est de comprendre pourquoi la barrière intestinale perd son rôle protecteur sous l'effet de l'alcool et d'identifier les mécanismes biologiques à l'origine de ce phénomène.
La muqueuse intestinale agit normalement comme une barrière protectrice très efficace contre les toxines et autres substances nocives. Une consommation excessive d'alcool peut toutefois altérer cette barrière, augmentant sa perméabilité — un phénomène appelé « intestin poreux » — et permettant le passage de substances toxiques dans la circulation sanguine. Ces substances peuvent alors atteindre le foie, provoquer une inflammation et, à long terme, favoriser le développement de maladies graves comme la cirrhose.
Pour répondre à cette question, les chercheurs s'intéresseront plus particulièrement au système immunitaire intestinal, un élément majeur de cette barrière protectrice. Ils chercheront à comprendre comment l'alcool l'altère et comment cette altération contribue au dysfonctionnement de la barrière intestinale. Pour y parvenir, ils étudieront ces mécanismes chez des patients atteints d'un trouble de l'usage de l'alcool afin d'identifier les processus biologiques impliqués.
Ouvrir la voie à de nouveaux traitements
Mieux comprendre comment l'alcool altère le système immunitaire intestinal pourrait ouvrir la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques visant à renforcer ses fonctions protectrices. À terme, ces avancées pourraient permettre de prévenir ou de ralentir le développement des maladies du foie liées à l'alcool et de limiter les effets de l'alcool sur d'autres organes.
Ce que votre don permettra de financer
Les fonds récoltés permettront plus spécifiquement de :
- recruter de nouveaux chercheurs et doctorants ;
- financer des techniques d'analyse de pointe, notamment pour l'étude du microbiote et des processus biologiques ;
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- maintenir la compétitivité scientifique de l'équipe au niveau international.